FEMMES

Dans le cadre de la mise en œuvre de l’option sécurité humaine du CHEDS, les femmes constituent une cible importante. 

Les programmes qui leur sont dédiés comportent des activités de renforcement de capacités, de recherche et d’appui conseil.

 

     Programme Femmes, Leadership, Défense, Sécurité et Paix (FLDSP)    

Ce Programme est initié pour contribuer à faire des femmes ciblées, des actrices aptes à apporter des solutions novatrices et pérennes aux menaces et défis sécuritaires et ainsi participer aux efforts favorisant la paix et le développement durable aux niveaux nationaux, sous-régionaux et continentaux. 

Lancé en novembre 2015, il a, jusqu’à présent, consisté en des conférences thématiques ayant pour objectif d’intéresser les femmes aux questions de Défense et de Sécurité.

♦ 1ère conférence thématique de l’édition 2019 du PFLDSP : « Culture, Défense, Sécurité et Paix : le rôle des femmes » mardi 30 avril 2019 au CHEDS.

Présidence : Général de brigade Paul NDIAYE, alors Directeur général du CHEDS.

Objectif : Engager la réflexion sur les rôles aussi bien des femmes que de la culture dans la préservation de la paix dans le monde en général et en Afrique en particulier.

Intervenants : 

  • Madame Marie-Josée KADANGA, Conseillère régionale Paix, Sécurité et action humanitaire à l’Organisation des Nations unies Femmes (ONUFEMMES) ;
  • Colonel Basile NIAMKEY, conseiller militaire principal au bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) ;
  • Madame Maréma TOURE, chef du service sciences sociales de l’Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO).

Sous thèmes :

  • « Les conflits intercommunautaires en Afrique de l’Ouest et au Sahel » ;
  • « Culture et préservation de la paix : le rôle des femmes ».

Grandes conclusions :

Les discussions qui ont suivi les communications furent très enrichissantes et les participants ont tous reconnu la pertinence du thème. 

Plusieurs recommandations ont été faites : 

  • Il faut que l’on prenne l’initiative de mener la réflexion pour la préservation de la paix : trouver des solutions, revisiter toute notre bibliothèque classique, reprendre nos grands philosophes qui ont travaillé sur ces questions et voir comment nous les approprier car s’il n’y a pas la stabilité dans les pays voisins, on ne peut pas les empêcher de migrer au Sénégal ;
  • La « téranga sénégalaise » est train d’être bafouée et cela mérite d’être revitalisée. En outre, au Sénégal, le « Plan Sénégal Emergent II » est entrain d’être repris : il y a lieu de s’assurer que  l’aspect sécuritaire est intégralement pris en compte dans le budget des ministères pour favoriser le financement des activités communautaires dans la prévention des conflits ;
  • Notre culture constitue une entrave au témoignage et à la dénonciation, et par conséquent un frein à la prévention et à la résolution des conflits. On note que « le cousinage à plaisanterie » est entrain de se déliter au profit d’intérêts politiques ; 
  • La culture et le rôle des femmes demeurent des axes importants à exploiter pour la défense et la sécurité de nos pays.

♦ 2ème conférence thématique de l’édition 2019 du PFLDSP : Femmes, Leadership, Défense, Sécurité et Paix : initiatives et leçons apprises» le jeudi 11 juillet 2019 au CHEDS.

Présidence : Général de brigade Amadou Anta GUEYE, Directeur général du CHEDS.

Objectif : faire le bilan des initiatives et leçons apprises sur l’implication des femmes dans les questions de Défense et de sécurité avec l’expérience du DCAF.

Intervenants : 

  • Madame Astou DIOUF, Conseiller Technique n° 1 du Ministère de la Femme, de la Famille et du Genre ; 
  • Madame Ann BLOMBERG, Cheffe adjointe de la division genre et sécurité du DCAF à Genève ;
  • Madame Solène BRABANT, Chargée de projet à la division genre et sécurité du DCAF.

Sous thème : « Femmes, leadership, Défense, Sécurité et Paix : initiatives et leçons apprises ».

Grandes conclusions :

L’économie des différentes interventions a permis de voir que chaque acteur a un rôle à jouer par rapport à l’édification de la paix, ce qui démontre que la sécurité est une affaire de tous. 

Ainsi quelques réflexions peuvent être citées : 

  • Concernant le manque de cohérence entre la théorie et la pratique des résolutions des Nations Unies, la société civile a un important rôle à jouer pour les disséminer et les faire connaitre. En outre, le triptyque  « Femmes, Paix et Sécurité » est une question de genre certes, mais aussi une question de justice, de défense et de sécurité. On note  un manque d’implication des autorités en charge de ces secteurs. Ainsi, lors de la dernière Conférence Internationale des Grands Lacs pour la validation du Plan d’action régional « Femmes, Paix et Sécurité », il n’y avait aucun représentant du ministère de la Justice, de la Défense encore moins de l’intérieur. Il n’y avait que des représentants des ministères en charge des femmes, et des associations de femmes. Cela constitue l’origine majeure des problèmes de mises en œuvre des résolutions, car il ne s’agit pas de « l’agenda des Femmes, mais de l’agenda de tous » ; 
  • Le constat actuel est que dans la sous-région sahélienne et en Afrique subsaharienne, on dénote une recrudescence des actes de violences et de conflits avec une connotation ethnique ;  les femmes ont un important rôle à y jouer pour  les prévenir et les  apaiser. Selon certaines études, il apparait également  que les femmes sont aussi actrices des violences ; un travail de de sensibilisation important doit être mené dans le cadre de  la prévention de la violence sous toutes ses formes ;
  • Le DCAF a aussi pour rôle de créer des ponts entres les différents acteurs de la société ; 
  • La société civile doit se rapprocher des acteurs en charge de la sécurité, comprendre leur vocabulaire, leur différents grades, s’adresser à eux de la manière la mieux adaptée et essayer de développer de bonnes relations avec eux pour rendre la communication fluide. 

 

     Initiative ELSIE / DCAF    

Le projet ELSIE initié par le Centre pour la Gouvernance du Secteur de la Sécurité (DCAF) est un projet de recherche intitulé « Réduire les obstacles au déploiement des femmes en uniforme dans les opérations de paix des Nations unies ». 

Il s’agit de mener une recherche et une analyse approfondies des obstacles dans huit pays, dont le Sénégal fournissant des contingents et/ou du personnel de police (PFCPP), afin d’élaborer des recommandations politiques et programmatiques fondées sur des données factuelles et ayant pour objectif de réduire les obstacles au déploiement des femmes en uniforme. 

 Le CHEDS est le partenaire francophone retenu en Afrique de l’ouest sur le projet.

  • Durée : trois ans 2019-2021
  • Autres pays : l’Uruguay, la Norvège, la Jordanie, la Mongolie, le Bangladesh, le Ghana et la Zambie.
  • Etapes

Après avoir pris part à l’atelier méthodologique organisé à Genève par le DCAF en février 2019, le CHEDS a accueilli une équipe du DCAF du 09 au 11 juillet 2019.Elle a permis d’expliquer le projet aux différentes autorités ciblées, ainsi qu’à l’équipe de recherche pour l’atteinte des objectifs escomptés. 

Un atelier de contextualisation s’est tenu dans les locaux du CHEDS, les 05 et 06 août 2019 pour adapter le questionnaire au contexte local.

Puis, un atelier de formation des enquêteurs suivi d’une enquête pilote se sont tenus du 7 au 10 octobre 2019 pour former les enquêteurs sur la méthodologie de collecte des données, tester la maîtrise des outils de collecte et la durée moyenne d’une enquête et permettre ainsi la validation définitive du questionnaire par le DCAF.

Les prochaines étapes consisteront à la phase d’enquête sur le terrain du 25 octobre au 25 décembre 2019 suivie d’un atelier de validation au Sénégal en février 2020.

 

     APPUI CONSEIL    

Le CHEDS apporte également son appui technique à de nombreuses structures :

  • Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance : 

Depuis plusieurs années, le CHEDS fait participer la PFPC à ses activités à Dakar ; le CHEDS a également assuré le renforcement de capacités sur le thème de la RSS en Janvier 2018. La DPS assiste régulièrement aux Tables de paix organisées annuellement pour marquer le 21 Septembre, Journée Internationale de la Paix.

  • Séminaire régional des femmes dans les forces de l’ordre : 

La Police et la Gendarmerie nationale en partenariat avec le Centre des Hautes Etudes de Défense et de Sécurité (CHEDS), le Bureau des Affaires Internationales des Stupéfiants et de l’Application de la loi (INL), Strategic Capacity Group(SCG), Partners West Africa-Sénégal (PWA), ont convenu de mettre ensemble leurs expertises pour organiser une « Conférence régionale des Femmes dans les Forces de l’ordre : Paver la route pour les femmes ». 

Elle  a eu lieu du 03 au 06 septembre 2019 à Dakar, avec pour objectifs :

  • l’intégration du Genre en revisitant la question de la représentativité des femmes dans les forces de l’ordre ;
  • le renforcement de capacités des femmes à travers des sessions de formation en leadership, en sexo- spécificité, mais également en médiation et prévention des conflits ;
  • les échanges d’expériences par la mise en place d’une association des « pionnières de la Sécurité » ;
  • le réseautage par la création de liens de marrainage entre pairs régionaux.

La Conférence ouverte par le ministre des Forces armées, Me Sidiki KABA  a rassemblé une cinquantaine de  participants en provenance du Sénégal, Niger, Mali et Burkina Faso. .

Les objectifs ont été largement atteints et un réseau ouest africain des femmes dans les forces de l’ordre a été créé avec des points focaux nationaux.

1Le Bureau International des Stupéfiants et de l’Application de la Loi (BIL) ou International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL) est un organisme dépendant du département d’État des États-Unis créé en 1978. Il est chargé de la prévention et de la gestion à l’international de la politique anti-stupéfiants menée par le gouvernement fédéral des États-Unis

2SCG est une organisation à but non lucratif dédiée à l’amélioration des compétences des Etats-Unis et de leurs partenaires à pouvoir augmenter les capacités stratégiques du secteur de la sécurité à travers le monde.

3Un organisme à but non lucratif basé au Sénégal et qui dessert les collectivités défavorisées grâce à des initiatives de développement durable.

4La conférence régionale verra la participation du Burkina-Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal.

 

 

 

Laisser un commentaire