Allocution du MINISTRE DES FORCES ARMEES à la cérémonie de lancement du Master en Défense, Sécurité et Paix du CHEDS

« L’Afrique face aux nouvelles menaces : Enjeux et défis ». 

Mesdames, Messieurs, les auditeurs,

La formation de niveau Master que vous avez choisi de suivre, constitue pour les autorités étatiques, un instrument efficace pour faire face aux nombreux défis sécuritaires avec lesquels l’Afrique est confrontée depuis plusieurs années.

Aujourd’hui, tous les peuples d’Afrique sont conscients de la fragilité dont souffre notre continent. Il convient en effet de remarquer  que la quasi-disparition des guerres interétatiques en Afrique et dans le monde, a laissé place à de nouvelles formes de violence caractérisées par leur diversité et leur complexité. Presqu’aucune partie du continent n’est épargnée. La prégnance de cette violence est telle, que la sécurité internationale est devenue l’un des problèmes dominants, l’une des questions les plus difficiles pour le système des relations internationales. La multiplication des guerres civiles sur le continent ou de troubles et tensions, crée ainsi, des situations de ni guerre ni paix dans plusieurs pays

Javier SOLANA affirmait à cet égard que : je cite « Contrairement à la menace massive et visible du temps de la guerre froide, aucune des menaces actuelles n’est purement militaire et ne peut être contrée par des moyens purement militaires. A chacune, il faut opposer divers moyens d’action ». Fin de citation.

Son Excellence Monsieur le Président de la République, soucieux de la préservation et de la pérennisation de la sécurité, a créé le Centre des Hautes Etudes de Défense et de Sécurité. Comme vient de le rappeler le Général Paul NDIAYE, Directeur général du Centre, cette structure a pour mission de participer à la formation de hauts cadres civils et militaires, par le renforcement des connaissances fondamentales en stratégie et l’appropriation des clés de compréhension de l’environnement géostratégique ainsi que des enjeux liés à la défense et à la sécurité.

La diversité des menaces ayant comme cible l’Afrique, a justifié un moment de réflexion conduisant à porter un nouveau regard sur les concepts de  DEFENSE et de  SECURITE.

En effet, la notion de défense nationale était implicitement liée à celle de la résistance à l’invasion et à la préservation de l’intangibilité des frontières. Il s’avère de nos jours, que les Etats sont confrontés à des types de menaces jusqu’alors occultées par la confrontation Est-Ouest, telles la grande criminalité, le terrorisme, la drogue, l’intelligence économique, les risques d’explosion sociale ou ethnique.

La défense est désormais assignée à de nouvelles missions comme celle d’assurer en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes les formes d’agression, la sécurité et l’intégrité du territoire. Elle concourt de même au respect des alliances, traités et accords internationaux.

La sécurité, dont la défense constitue un moyen, renvoie à la confiance, à la tranquillité d’esprit bien ou mal fondée, dans un temps, dans une occasion où il pourrait y avoir sujet de craindre l’existence d’une certaine menace. L’efficacité d’un dispositif, qu’il soit destiné à la défense ou à la sécurité, est largement tributaire des ressources, essentiellement humaines, dans le cadre d’institutions efficientes, servant les intérêts de la sécurité des citoyens, de la société et de l’Etat, dans le respect des droits de l’homme et de l’état de droit.

C’est pourquoi, la formation envisagée par Centre des Hautes Etudes de Défense et de Sécurité en collaboration avec la faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université Cheikh Anta DIOP devrait contribuer à doter nos Etats de personnels de haut niveau  disposant d’une expertise suffisante pour appréhender les phénomènes sociaux et politiques dans tous leurs aspects afin d’apporter les éléments nécessaires à la prise de décisions.

Je voudrais dès lors, au nom du Chef de l’Etat et de Monsieur le Premier Ministre, saluer cette heureuse initiative ayant abouti à une collaboration qui, à n’en pas douter, contribuera au renforcement du potentiel dont le Centre est doté pour la réalisation de sa mission.

Il s’agira en effet, de former une masse critique de cadres civils et des forces de défense et de sécurité, ayant les compétences adéquates pour engendrer concevoir/construire une vision intégrée de la sécurité et de ses enjeux en vue de contribuer à sa construction.

Il est important de relever que, dans cette quête permanente de la sécurité, un consensus se dégage quant aux institutions auxquelles l’Etat octroie la légitime mission qu’elles assument afin de contrer, ou de contribuer à contrer les menaces intérieures ou extérieures à la sécurité de l’Etat et de ses citoyens.

Je vous engage, chers auditeurs, chers professeurs, à faire en sorte que le Centre des Hautes Etudes de défense et de Sécurité, à travers cette formation diplômante de niveau Master, puisse s’inscrire dans les palmarès de la communauté épistémique qui produit les référentiels en matière de sécurité.

Je voudrais mesdames, messieurs, formuler les vœux les plus sincères, au nom de tous les participants, pour que cette collaboration entre l’Université Cheikh Anta DIOP et le Centre des Hautes Etudes de Défense et de Sécurité apporte une contribution positive à la défense et à la sécurité dans la sous région.

Au nom de Son Excellence Monsieur le Président de la République, du Premier Ministre et de l’ensemble du Gouvernement, je déclare ouverte la formation des auditeurs du Centre des Hautes Etudes de défense et de Sécurité, pour l’obtention du diplôme  de Master en Défense, Sécurité et Paix, et vous invite à accueillir le professeur Bakary SAMBE pour son discours inaugural.

Je vous remercie de votre aimable attention.